Paroisse Sainte Marie de Magdala

Un espace ouvert à tous à Sanary

22 avril 2018

du 22/04/2018 par le Père Pierre Colombani

 Ac 4,8-12// 1Jn 3, 1-2  //   Jn 10,11-18

4ième dimanche de Pâques

            Comme je le disais en introduction à cette liturgie, depuis près d’un mois nous célébrons la Résurrection du Christ, et depuis près d’un mois nous chantons sans cesse : « Christ est ressuscité ».

Dans l’Epitre de Jean, la deuxième lecture que nous avons entendu , Jean nous quelque chose d’intéressant : il nous dit que, dès ici-bas, nous sommes enfants de Dieu, et en même temps et en même temps , il nous dit qu’un jour nous serons dans la plénitude parce que nous verrons Dieu tel qu’il est.

Peut-être n’avez-vous pas bien vu le lien qu’il y a entre ce texte là et ce que nous avons célébré depuis la Pâque ; or ce texte est majeur mes amis, car il nous fait comprendre à la fois combien nous sommes déjà dans un processus résurrectionnel, et combien la résurrection, bien sur, nous la connaitrons un jour totalement. Mais nous sommes dans un processus résurrectionnel. Qu’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire que dès aujourd’hui nous avons cette grâce, ce bonheur d’être dans la communion avec le Christ, d’être dans ce saisissement avec lui. Tout l’Evangile du Bon Pasteur ne nous dit pas autre chose. Le Bon Pasteur connaît ses brebis ; ses brebis le connaissent. I ne dit pas autre chose !

Autrement dit, par la prière, par la méditation de l’Ecriture, par la rencontre fidèle avec le Seigneur, dès aujourd’hui, dès maintenant, nous sommes dans la relation, dans cette intimité, dans j’allais presque dire : ce Corps à corps avec Dieu. Un Corps qui nous est manifesté par l’Eucharistie, un corps qui nous est manifesté par ce Pain et ce Vin qui vont devenir ce Corps et le Sang du Christ et qui nous renvoie à notre propre corporéité. Nous, Humains, mortels, nous portons déjà en nous l’imago Déï, l’image de Dieu, cet être qu’il nous faut déployer.

Et en même temps, St Jean le dit dans son épitre : « Rien n’est accompli, tout est encore à accomplir puisque un jour nous connaitrons Dieu. Dès lors, je parlais de processus résurrectionnel au sens où, oui, nous avons reçu une Bonne Nouvelle. Mais cette Bonne Nouvelle nous n’en finissons pas de devoir la comprendre, de devoir la décliner… Comprendre et décliner la Bonne Nouvelle mes amis, cela consiste à entrer dans une éthique de vie qui soit de plus en plus porteuse  de cette Lumière du Ressuscité  de manière très concrète dans la façon de toujours redonner un souffle ,… un souffle nouveau à son couple, à sa famille, à ses relations d’amitiés, partout où nous sommes. Si nous permettons toujours un autre avenir, alors nous sommes véritablement dans un processus résurrectionnel. Oui, dès aujourd’hui nous sommes enfants de Dieu. Un jour nous le serons en plénitude ; mais ce jour à venir où nous connaitrons totalement Dieu, mais ce jour à venir, il n’est pas pour dans 1 000 ans, il n’est pas pour la fin de notre vie ; ce jour à venir, c’est le jour de demain… C’est le jour qui nous convoque, c’est le jour qui nous dit que demain sera meilleur et qui nous oblige aujourd’hui à nous mettre dans un état de conscience pour nous améliorer, pour devenir autrement. Et l’éthique mes amis n’est pas un moralisme, du bien et du mal qui nous dit : « ceci est permis, ceci n’est pas permis. Mais l’éthique, c’est de dire : « Allez, ne te décourage pas. Il y a en toi la filiation divine : « Tu es fils, tu es fille de Dieu. Et si réellement tu es fils et fille de Dieu, alors, demain sera ce jour « autre ». Tu vas pouvoir encore davantage déployer cette réalité de l’Amour qui t’est difficile encore aujourd’hui de porter. Mais que tu peux faire advenir différemment, autrement. Et tout à coup, nous saisissons à quel point nous sommes dans un cheminement résurrectionnel ; que c’est jour après jour qu’il nous faut quitter os vieilles habitudes ; quitter nos critiques, quitter nos médisances, quitter notre a priori sur l’autre, qu’il soit le proche, le conjoint, l’ami, ou qu’il soit le lointain, celui qui me fait peur parce qu’il est l’étranger ; et entrer dans cette écoute, une écoute qui nous fait saisir à quel point, le chemin s’ouvrant, nous touchons à cette Vérité de Dieu qui fait que l’histoire n’est pas figée, l’histoire n’est pas fermée. Je ne suis pas enfermé dans un échec ; je ne suis pas enfermé dans ce qui pourrait m’apparaître comme une vie ratée ; et que toujours il y a cette capacité de l’éclosion autre. Dès lors, ce tombeau ouvert depuis Pâque ne nous dit pas autre chose qu’une vie totalement ouverte. Nous pouvons toujours et encore advenir, reprendre, recommencer remettre en marche. Et la création, si elle est inaccomplie est un appel, un appel puissant. Dieu ne cesse de me dire : « Viens et suis-moi ! ». Et dans ce cheminement, nous avons le Bon Pasteur qui connaît ses brebis, qui nous connaît…. Et dans cet Evangile de Saint Jean, Jésus nous dit : « Je suis le Bon Pasteur qui partira dans d’autres lieux, vers d’autres brebis .

Alors bien sur ces autres brebis qui ne connaissent pas le Seigneur, nous pourrions nous dire que ce sont celles qui n’ont pas été encore évangélisées, extérieurement, il faut peut-être partir en Chine ou ailleurs pour proclamer la Bonne Nouvelle ; puis peut-être dans nos vieux pays de chrétienté où la déchristianisation est telle qu’il nous faut à nouveau évangéliser, et nous aurons raison, raison ! raison !. Mais pour cela, encore faut-il qu’à l’intérieur, nous acceptions qu’il y ait une partie de nous-mêmes qui connaît le Bon Pasteur. Mais il y a une partie de nous-même qui est la bergerie où le Bon Pasteur n’y est pas encore rentré, où nous ne lui avons pas encore donné accès. Et si nous n’acceptons pas d’ouvrir cette bergerie-là, alors vaine sera notre attente qu’il y ait une grande évangélisation extérieure car la première, elle est celle qui doit se faire dans mon cœur.

Je n’ai jamais fini d’être évangélisé. Je n’ai jamais fini de connaître mon Bon Pasteur. Et plus je le connaitrais, plus ma vie va devenir différente ; plus je le connaitrais, plus je serai sur un chemin résurrectionnel… Plus je le connaitrais ce Bon Pasteur, comme le disait Pierre dans l’Epitre des Actes de Apôtres, Lors qu’il proclamait que le Christ était la pierre angulaire …. Oui, c’est celui qui maintient l’édifice. Un édifice qui n’est pas figé, un édifice qui n’en fini pas de grandir…d’être. Regardons-nous, nous sommes la cathédrale intérieure…Nous le sommes aussi communautairement. Ce monde doit devenir cette cathédrale, la flèche ira rejoindre l’éternité de Dieu. Ah mes amis, comme elle est belle cette Bonne Nouvelle, que nous portons en allumant le cierge pascal. Mais puisse Seigneur, que cela ne reste pas pour nous un simple symbole ou un simple rituel, mais que ce soit réellement un embrasement de nous. Alors nous comprendrons que les tombeaux ouverts un jour, alors que pleinement nous serons déjà dans la résurrection, sont déjà ouverts aujourd’hui, car le premier tombeau c’est mon cœur lorsqu’il se ferme.

Puisse Seigneur, mon coeur être ouvert à Toi, pour que le monde soit ouvert à Toi, car nous le croyons, tu es ressuscité. Alléluia !