Paroisse Sainte Marie de Magdala

Un espace ouvert à tous à Sanary

20 mai 2018

par le Père Pierre Colombani

Ac 2, 1 - 11 //  Ga 5, 16 – 25 //  Jn15, 26 – 27 ; 16, 12 – 15

 

Solennité de PENTECOTE

            Pentecôte, la grande fête de Pentecôte, 50 jours après Pâque.

Nous sommes dans une période, mes amis en ce commencement du XXI siècle, nous voyons partout resurgir la religion et les religions. Certains en sont très inquiets de voir …. Car quelquefois ces retours s’accompagnent de la violence ; aussi certains s’inquiètent car derrière la religion, ils voient poindre un problème : celui du prosélytisme. Quelle différence faire mes amis entre le prosélytisme et l’évangélisation ? L’évangélisation au sens de porter l’évanguélios… la Bonne Nouvelle. Cette Bonne Nouvelle, c’est la proclamation de la Vérité … La Vérité sur Dieu, la Vérité sur l’Homme, la Vérité sur la création et immédiatement si nous disons que nous proclamons la Vérité, nous risquons alors de nous heurter face à d’autres vérités, à d’autres propositions de Vérités. Dés lors, quel sera les critères de discernement pour dire que nous portons la Vérité.

Ainsi, nous entrons dans le grand mystère de la Pentecôte… car Pentecôte mes amis, ce n’est pas simplement de dire : « Dieu existe et je vais te l’expliquer ». Pentecôte c’est d’abord cet acte extraordinaire ; la venue de l’Esprit Saint. Autrement dit, avant même de parler de Dieu ; avant même de dire quoi que ce soit sur Dieu, sur le mystère de l’homme, sur le mystère de Dieu, sur le mystère du Christ ; Pentecôte nous apprend à vivre l’humilité de la rencontre en me laissant investir, habiter, inoculer, traverser par ce souffle venu d’en haut. Dès lors, je ne suis plus moi-même, dés lors je ne m ’appartient pas, mais je suis comme ce chemin, ce véhicule par lequel va passer le Souffle ; le Souffle du Père qui fera de moi son porte parole, son héro, non pas celui qui serait le très fort, mais le héraut comme porte parole ; celui qui porte la Parole. Et le Christ nous le dit : « Moi et le Père, nous sommes un. L’Evangile de Jean le dit : « Moi le Seigneur Jésus devenu Christ, je puis vous dire la volonté du Père. Car ce que j’ai connu du Père je vous le fait connaître ». ainsi mes amis, Yeshua en tant que Christ c’est celui qui réellement s’est laissé habiter, imprégner, sculpter par le Souffle du Père, et en cela, il devient le porte-parole, celui qui vient nous insuffler. Et de façon extraordinaire, à notre tour, depuis notre baptême, depuis notre chrismation ou notre confirmation, nous sommes insufflés, habités, traversés par cette réalité haute. Et donc, mes amis, le préalable à tout. Avant de mettre quoi que ce soit, c’est de mettre genoux à terre et d’appeler dans la prière de façon incessante celui qui nous convoque depuis ces temps les plus reculés : depuis les commencements de la création, où il disait ces mots dans une raisonnence ; « Adam, où es-tu ? » Oui ! où sommes-nous ? Où sommes-nous dans les replis de nos histoires ? Où sommes-nous dans le couple et la famille ? Où sommes-nous dans nos singularités de personnes ? Où sommes-nous au collège, au lycée, en faculté, au travail, dans notre vie de retraités, où sommes-nous ?

Sommes-nous réellement cet être qui se laisse inspirer ? Alors, il nous faut prier non pas en rabâchant des histoires que l’on appellerait des prières, mais il nous faut prier en étant l’être ouvert ; Jésus l’a dit : « Ephata …ouvre-toi ! ». Des êtres ouverts parce que nous croyons que Dieu étant ; et s’il est… alors, je me laisse habiter de Lui. Je dois devenir son témoin, mais pour être témoin, je dois me laisser investir ; je dois être coupe offerte à Lui. Je dois être totalement donné à Lui. Et dans cette ouverture tout à coup alors, oui, la Bible dont nous disposons, ne sera plus un vieux parchemin, mais sera véritablement cette Parole vivante, le Logos, la Parole qui vient renouveler la face de la terre. La Parole qui dit l’Amour, mais pas l’amour comme une habitude, pas l’amour comme une habitude, pas l’amour comme une poussière, mais l’amour qui vient nous secouer tel le mystère, celui qui se dévoile. Je n’avais pas encore saisi qui j’étais. Je n’avais pas encore saisi qui tu es ; toi mon frère, toi ma sœur ; toi le proche, toi le lointain. Et par ce que, habité par ce souffle, et écoutant la Parole, la scrutant, la manduquant, tout à coup, chaque mot devient nouveau, chaque parabole devient nouvelle, chaque proclamation du Christ raisonne de façon autre dans nos intelligences et dans nos cœurs. Et alors, parce que nous avons prié, parce que nous sommes ouverts, parce que nous sommes investis de ce souffle ; et prenant la Parole qui devient notre parole et nos mots, nous pouvons entrer dans le sacrement, le sacrement de confession qui n’est pas le rabâchage de quelques confessions de petits péchés, mais qui est véritablement ce temps de l’épiclèse où je regarde vers ce ciel, et j’accueille ce Souffle d’en haut qui vient complètement remettre à l’endroit ma vie, pour qu’elle soit orientée,…pour qu’elle soit vers l’Orient. Et le péché n’étant pas simplement de scruter le petit mal ; mais le péché étant cet oubli…cette amnésie de l’Orient. Suis-je à l’Orient ? suis-je prêt à répondre à ton appel ? Moi Adam, moi « le tiré de la terre » … Vais-je aller vers ton ciel ?

Et là alors, je vais pouvoir vivre à nouveau ce sacrement de l’Eucharistie, pas seulement comme un acte magique que le pain et le vin deviendrai le Corps et le Sang du Christ, mais au travers de cet effet, que l’épiclèse la transupstensiation , le pain et le vin qui deviennent le Corps et le Sang du Christ, font que, à nouveau, je suis soulevé de ma chair humaine et que je ne suis plus simplement cette corporéité de finitude appelée à la mort, mais je suis cette corporéité appelant le vie, la Résurrection. Je suis plus que moi, je suis fils de Dieu, je suis fille de Dieu, je suis Christ en chemin. Tel est le sens de Pentecôte mes amis !

Hier, nous pouvions nous réjouir devant ce couple princier qui se mariait. Et nous pouvions pleurer aussi avant-hier pour ces jeunes assassinés dans ce lycée aux Etats Unis. Oui, le monde est ainsi fait…de joie, de peine, d’injustice et de beauté, mais nous serons véritablement des témoins au cœur de tout cela si nous nous laissons habités par le Souffle d’en haut. Et ce qui sera le critère de discernement pour nous, lorsque nous serons dans ce face à face avec le Seigneur, c’est quel est ton fruit ? si ton fruit c’est la haine autour de toi, si ton fruit, c’est la séparation autour de toi, tu n’es pas dans le Souffle ; et c’est ce qui se disait l’Epitre de Paul. Mais si tu es habité par le Souffle, alors, la Paix, la Joie, l’Amour seront là, à fleurir le champs de ta vie. Et là, il n’y a plus Grec, Juifs, il n’y a plus arabes, il n’y a plus Occidentaux, il y a l’homme… l’homme nouveau : l’homme qui se défait de son ancienneté pour être resplendissant de la présence divine.

Ha ! mes amis, combien j’aimerai que nous entendions cette Parole, qui n’est pas ma parole, mais qui est la Parole venue d’en haut. Pentecôte, c’est ce jour nouveau qui fait que désormais nous sommes déjà un pied dans le Royaume du Père. Certes, il reste l’autre pied qui trébuche en ce monde ? Mais basculons!...et basculons encore vers cette nouveauté. Et pour tous ceux qui nous ont précédés, tous eux que nous appelons des Saints, entendons que nous ne sommes pas seuls écoutez ces foules qui nous entourent au delà du voile de la mort, mais qui ne sont pas morts, mais qui sont vivants spirituellement et qui avancent avec nous, parce que nous ne montons pas vers une sorte d’achèvement qui serait la mort tragique ; mais nous montons tous vers ce basculement qui est la Résurrection et qui est déjà en chemin. Et si un jour avec tout cela nous voulons ressusciter, dès aujourd’hui…Ressuscitons ! Ressuscitons ! Ressuscitons !! en étant habités par le pneuma, par l’ahouar, par le souffle venu d’en haut ! Oh Père, tu m’épouses dans mon humanité !  Que mon humanité soit à Toi, pour que témoin je puisse dire la beauté, la grandeur, la magnificence de qui Tu es… Toi… Toi, l’Amour de toujours, à toujours. Alléluia !