Paroisse Sainte Marie de Magdala

Un espace ouvert à tous à Sanary

Homélie du Père Pierre (Colombani) - 21 mai 2017


Ac 8, 5-8.14-17 

1P3, 15-18 

Jn 14, 15-21

Mes amis, vous savez qu’il y a toujours eu depuis près de 1 000 ans un grand débat qui a séparé l’Orient et l’Occident ; c’est ce que l’on appelle la disputation de la thématique du filioque : L’Eprit Saint procède-t-il uniquement du Père, ou procède-t-il du Père et du Fils ? 


La tradition Orthodoxe a porté cette marque particulière : l’Esprit Saint ne procède que du Père en fidélité à ce qui avait été dit lors des conciles à Nicée Constantinople. 


Sans vouloir entrer dans une polémique qui n’aurait pas de sens, mais reconnaissons que nous nous interrogeons les uns les autres ; est ce que cela a beaucoup d’importance ? 


Or, il me semble que les texte de ce soir viennent comme pour nous éclairer sur cette question. En effet les Actes des Apôtres nous rapportent cet événement, il y avait eu ces êtres qui avait reçu cet enseignement sur le Christ Jésus, et qui avaient même été baptisés au nom de Jésus ; et le texte nous dit qu’ils n’avaient pas reçu le St Esprit. Là nous sentons à quel point la question de l’invitation qui est la notre, fait que le Christ va nous transmettre un esprit, mais un esprit qui vient du Père, et par conséquent, lui qui est pleinement Dieu s’inscrit lui-même vers cette orientation vers le Père dans laquelle il veut nous inscrire. Et par conséquent, cette question du filioque est parfaitement essentielle pour entendre que dire : « Je prie Dieu est réellement un acte inouï. Comment pouvons-nous nous placer devant l’Eternel ? Comment pouvons-nous nous placer devant celui qui est haut-delà de toute représentation et dire : « je prie ce Dieu ». Or la médiation que va nous apporter le Christ st une médiation très importante au sens qu’il est celui qui partage cette double nature, à la fois du Père en tant qu’il est Dieu, et à la fois de notre humanité en tant que Fils ; Fils de ce Père, mais Fils de ce Père en ce monde.


Et nous voyons à quel point de ce point de vue, Christ Jésus est vraiment le grand médiateur. ; celui qui va permettre cette rencontre entre le ciel et la terre. C’es lui qui va permettre réellement cette relation où nous trouvons l’intercesseur ; celui qui nous donne accès à ce Père en portant notre prière, en élevant notre prière vers le Père. 


Par conséquent, les textes de ce soir, nous devons les entendre comme une invitation à aller dans cette prière avec le Christ, dans cette relation avec le Christ Jésus et ce pour trois raisons : La première, c’est qu’il est la Parole. Il est celui qui est présenté par St Jean comme la Parole, la Parole faite chair. Comment puis-je prier le Père si je ne me laisse pas instruire par la Parle ? Une Parole que Lui me donne pour me tourner vers celui qui est de toute éternité. La seconde ensuite, c’est comme le dit le Prologue de St Jean, « nul n’a jamais vu Dieu sinon le Fils ». Ainsi, prier par le Fils c’est réellement s’en remettre à celui qui connaît le projet du Père ; celui qui connaît le chemin tourné vers le Père. Et donc, il y a l’aspect de la Parole, mais aussi cet aspect de la connaissance, l’être avec dans la médiation du Christ. Et enfin, le Christ, c’est celui qui a réalisé tous les miracles en étant toujours tourné vers le Père en appelant l’Esprit ; et par là, il est celui qui nous permet de pouvoir recevoir le St Esprit, car Christ est celui qui vient souffler sur nous l’Esprit du Père. Aussi mes amis, n’ayons pas cette sorte d’humilité qui consisterait à dire : « Je prie, je prie de façon fumeuse, nébuleuse, je prie sans invoquer le Seigneur. Je prie en me tournant vers la Vierge, je prie les Saints. Oui, nous pouvons prier les Saints. Bien sûr qu’il nous faut prier Marie, mère de Dieu ; mais il nous faut d’abord, dans notre prière, nous tourner vers le Christ, le grand médiateur, qui est le seul à permettre cette rencontre avec le ciel et la terre ; et à permettre cette rencontre entre notre humanité et ce divin qui nous est inaccessible tant il est au-delà de tout. Alors. Alors là, nous pourrons entendre ce que dit l’apôtre Pierre, être dans cette conscience droite ; la conscience droite mes amis, ce n’est pas être dans un rapport moral, la conscience droite c’est d’être à l’écoute de ce que nous dit le Saint Esprit. Et pour être dans cette conscience droite par le St Esprit, je dois passer par cette médiation du Christ. Le Christ en moi, le Christ, le Christ dans le frère, mais le Christ pleinement révélé en Jésus il y a 2 000 ans et qui ne cesse d’intercéder auprès du Père. 


Le monde est le monde. C’est-à-dire le monde qui peut nous donner des moments de joie, de bonheur. Et ce monde qui tout à coup peut nous faire vaciller tant il est pris par ces folies, par ces violences, par cet espèce d’égoïsme que l’on peut trouver ici ou là. Pour être des hommes et des femmes debout, des hommes et des femmes d’espérance, nous devons constamment nous laisser habiter par ce Christ, dans le souffle du Père pour propager autour de nous cette conscience droite qui est cette relation entre le ciel et la terre, qui est cette relation entre l’humain et le divin ; relation que manifeste, que représente, que réalise le Christ. Alors oui, oui ! prions le Seigneur, prions le Christ, demandons-lui la force de l’Esprit du Père. Et au moment où nous approchons de cette grande fête de l’Ascension, Lui que nous disons être parti rejoindre le Père, n’y voyons pas simplement une image, mais entendons qu’il est vraiment le grand intercesseur, celui qui nous connaît, celui qui a vécu notre même humanité excepté le péché, mais qui peut nous permettre d’aller dans cette terre vierge qui est encore en nous et qui appelle la vie de Dieu. Alors oui je vous le dis, nous serons les enfants de l’Evangile ; ceux qui sont appelés à vivre cette rectitude de la conscience. Amen